
Débat public
Grand Lausanne
Toutes les villes de Suisse romande ont le même problème : leurs rapports avec la périphérie ne sont pas clairs sur le plan du soutien à la culture. La carte des usagers de la culture recoupe très mal celle des financiers de la culture. Problème ! Ici ou là, des accords de péréquation, répartition des charges ont tant bien que mal tenté d’atténuer les distorsions sans dépasser l’économie du troc, qui, depuis l’aube de l’histoire, a montré ses limites. On attend l’inventeur de la monnaie qui permettra à ces blocages féodaux de retourner au Moyen-âge auquel ils appartiennent...
Le chef-lieu finance les coûteuses infrastructures, en retire le prestige, mais doit aussi subventionner les arts vivants, sans quoi l’accès à l’opéra, la danse et au théâtre serait inabordable. Et tout cela pour un public dont une part toujours plus importante provient de communes où l’on ne soutient sérieusement ni les infrastructures, ni les troupes, ni la création. Certes, ces institutions culturelles, quand elles sont d’importance, reçoivent aussi l’apport du canton, mais ce n’est pas cela qui doit remplacer l’apport des communes de la périphérie. Celles-ci se retranchent derrière des principes : l’autonomie communale, notamment en matière fiscale, pour se déclarer insolvables, et de toute façon pas concernées par les retombées de ces productions culturelles en termes de finances et/ou de prestige.
Les créateurs culturels sont otages de ce dialogue de sourds. Ils commencent à prendre leur sort en main. A Genève, le Forum Art, Culture et Création s’est mis en place dans une atmosphère de mobilisation et de cohésion des diverses branches. A Fribourg, des campagnes de votations successives ont été gagnées sur la question des loteries et de la salle de spectacle des Grand-Places. Seul le Grand Lausanne reste inerte, tel un Gulliver entravé par les Liliputiens de la périphérie.
Les créateurs basés à Lausanne en sont les grands perdants. Dans une agglomération qui déborde de prospérité, abrite le siège de l’olympisme mondial et d’autres multinationales, se dote d’un métro pour deux cents mille habitants, la création culturelle musicale, théâtrale, chorégraphique, picturale et audiovisuelle reste sous-développée.
Les artistes souhaitent rassembler les interlocuteurs du Grand Lausanne afin de mieux comprendre comment dégeler les aiguillages, déblayer les congères, terrasser les éboulements. De Lutry à Crissier, d’Epalinges à Ouchy... A quoi bon un métro, si au bout de la ligne il n’y a pas de culture ?
Frédéric Gonseth, président de CultureEnJeu
Date: jeudi 25 octobre 2007
Lieu: Café LE BOURG (ex-cinéma), 51 rue de Bourg, 51, Lausanne
Horaire: 18h15 à 20h00
Participants confirmés:
- Sylvia Zamora, conseillère municipale lausannoise de la culture, du logement et du patrimoine;
- Marianne Huguenin, syndique de Renens et conseillère nationale ;
- Jean-Pierre Althaus, chef du service des Affaires culturelles de Pully, acteur et directeur de l'Octogone;
- Laurent Flutsch, directeur du musée Romain de Lausanne-Vidy;
- Geoffrey Dyson, co-directeur du Pulloff théâtre;
- Tanguy Ausloos, président de l'association Petzi;
- Denis Maillefer, metteur-en-scène.
Modérateur: Frédéric Gonseth
Organisateurs : Gérald Morin et Sima Dakkus pour CultureEnjeu
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